Le 24 Janvier 2004 est sorti mon premier ouvrage de bande dessinée, L’Eveil du Kurran.
Co-scénarisé avec Nori et mis en images par Dune, cette histoire complète se déroule dans un univers animiste et mystique, mélange d’une vision de l’Afrique sauvage et d’une Mongolie lointaine.
Nous suivons l’initiation de Tsoué, un petit garçon dont la particularité est de savoir faire bouger l’eau (image des psychés inconscientes, domaine du rêve et des désirs).
Les parents, désemparés devant les dons de leur fils qui commence à les prendre de haut décident de le conduire à une Kurran bleue, une de ces magiciennes de l’eau qui officient dans les villages.
Tout le monde les connaît, elles tiennent un rôle important dans la communauté ; elles mettent au monde les nouveaux nés et les animaux, nettoient et gèrent les circuits d’eau et poursuivent en secret une quête mystique qui n’appartient qu’à elles.
Tsoué se retrouve donc sous l’influence, d’une maîtresse-femme, un être pur et entier.
Tout au long de son apprentissage, il découvrira que devenir un Kurran de l’eau est plus difficile qu’il le croyait ; car pour celui qui est toujours un enfant dans son cœur, une vie de responsabilités est un chemin long et semé d’embûches.
Tsoué explorera l’univers étrange des Kurrans (transposition fantasmée de celui des auteurs), leurs rites fous, leurs pratiques si proches du quotidien. Il apprendra d’autres maîtres et maîtresses les subtilités de la mystique Kurran qui est tantôt pragmatique, éthérée ou sensible.
Et comme un marcheur qui sait que sa balade aura une fin, Tsoué comprendra la valeur de cette quête…qu’au delà des mots, des actes et des échanges, tout chez les Kurrans bleus, tend vers l’infini éternel.
Car lorsque nous « comprenons » (dans le sens empirique du verbe) que notre vie aura une fin, notre présent ne nous apparaît plus comme une rivière éternelle qui coule mais comme un torrent dont il faut apprécier et saisir tous les remouds.
Nous savons alors que nous sommes éphémères et qu’il nous faut être aussi grands que nos cœurs nous le permettent.
Bien à vous.
Lylian K